17 juillet 2009

Le poids des mots.

Méfiance, méfiance…Je n’y comprends plus rien. A l’école, on me dit qu’il faut aider les autres, et aujourd’hui je vois que M Besson évoque à nouveau la question du " délit d’aide au séjour ". Mais la complexité de l’affaire ne s’arrête pas là, car le même ministre déclare aussi que personne n’a jamais été condamné pour " aide au séjour ", que seuls ont été poursuivis ceux qui avait commis une autre infraction à cette occasion, travail clandestin, trafic d’êtres humains … Mais alors , pourquoi garder cette infraction " d’aide au séjour " si les gens ne sont pas poursuivis au final pour cela ? Réponse de M Besson (à France Inter le 24 juin 2009), qui déclare en substance que si la notion de profit était exigée pour les poursuites, cela reviendrait à mettre à l’abri des passeurs s’organisant en associations à but non lucratif et qui en réalité pourraient se livrer à ce trafic. Il ajoute : 90% des versements d’espèces ont d’ailleurs lieu dans le pays d’origine. Curieux comme argument ! S’il suffisait d’effectuer tous les versements crapuleux hors du pays pour qu’ils ne soient pas pris en considération par la justice, beaucoup d’affaires partiraient au panier et la carrière de délinquant serait prospère. D’ailleurs mon herbe, je la paie au Maroc… Je plaisante, à huit ans, je ne fume pas encore ! Reprenons : S’il est prouvé qu’une association participe à un trafic d’êtres humains, on ne voit pas pourquoi leur statut et leur objet " à but non lucratif  " les protègerait des poursuites. On a déjà vu des associations mises en cause en France, me semble-t-il, lorsque leur activité relève d’une qualification pénale ! Et puis, s’il y a transport de clandestins, dans des conditions déplorables, on se situe déjà dans l’illégalité, même sans versements d’espèces… Autre réponse de M Besson : certaines personnes sont interrogées par la police car elles apparaissent dans la nébuleuse du trafic, mais lorsque l’on détermine qu’elles apportent de l’aide sur le plan humain, la procédure s’arrête à leur encontre. Il faut croire que pour M Besson, c’est tout à fait bénin d’être placé en garde à vue, un mauvais quart d’heure à passer qui peut durer 48 heures parce qu’on a tendu la main à un gars… Alors ? Moi j’ai des idées simples et je pense qu’il faut appeler un chat un chat, sinon on y comprend plus rien. L’aide ne doit pas être pas dans la sphère de l’illégalité. Sinon, on apprend à fermer les yeux sur la misère, à fermer sa porte sur la détresse, à fermer les yeux sur le monde au delà de la sphère de son foyer, son réfrigérateur et de l’écran de sa télévision (mais c’est peut-être ce que l’on attend de nous, la vision large et les mouvements collectifs, c’est toujours un peu effrayant). Lorsque l’aide devient illégale, elle doit porter d’autres noms : complicité qui est en soit une aide pour un délit par fourniture de moyens, association de malfaiteurs et autres participations à un trafic d’êtres humains… Mais pas cette expression d’aide au séjour, d’autant que le droit pénal est d’interprétation stricte, c’est à dire qu’il ne laisse pas de marge à l’interprétation !

Posté par todoro à 20:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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